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LE VOYAGE DE VICTOR
Au centre d'une grande pièce presque vide, un homme vêtu d'une veste de smoking rouge et démodée regarde autour de lui, l'air absent et désorienté. Victime d'un très grave accident de voiture, il a perdu la mémoire. Une femme est à ses côtés. Elégante, distinguée, elle est là pour s'occuper de lui. Il ne la connaît pas. Psychologue ou infirmière, on ne sait, elle tente de l'aider à recouvrer ses souvenirs et faire la lumière sur les circonstances exactes de l'accident. Elle parle, interroge, bouscule cet homme qui tantôt se recroqueville dans son coin, tantôt se rebiffe. Qui est-elle? Que veut-elle? Et lui, qui est-il vraiment? Est-il véritablement amnésique ou dans le déni ? Que cherche-t-il à cacher et que veut-elle lui faire avouer? Cette comédie est une pièce mille-feuille dans laquelle l'intrigue va crescendo jusqu'au coup dethéâtre final. Cette troisième pièce de Nicolas Bedos, qui signe également la mise en scène, est construite comme un thriller psychologique. L'auteur al'art et la manière de sonder les méandres de l'âme, cerner les contradictions et exploiter les situations les plus diaboliques. Le choix des comédiens semble tout naturellement évident, Guy Bedos, Macha Méril, réunis pour la première fois sur scène. Lui acteur sensible, écorché vif, est ici dans une belle inquiétude et un certain désarroi. Macha Méril, belle, intelligente, autoritaire, féminine en diable. Un couple de théâtre complice et épatant dans une comédie intéressante, subtile, où l'amour est présent.
Arlette Frazier - Pariscope
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