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Affiche pièce Chère Elena
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  Chère Elena
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TELERAMA

Elena est communiste. Forte d'un idéal auquel elle croit et qu'elle enseigne, elle est confrontée au cours d'une nuit cauchemardesque au comportement monstrueux de quatre de ses élèves exigeant d'elle la clé du coffre qui contient leurs copies d'examen. La très forte pièce de Ludmilla Razoumovskaïa parle de la barbarie naissante qu'a engendrée la génération soviétique précédente : « Mais, chère Elena, qu'avez-vous donc fait de si remarquable, vous, les gens des années 60 ? » lance un des jeunes gens. Didier Long propose de cette pièce hautement politique une version réaliste qui tient du fait divers. Ainsi montée, elle donne à voir la manière dont se met en route la barbarie au quotidien. C'est une version assez réductrice mais, à l'intérieur de ce cadre, elle fonctionne bien ; les jeunes acteurs sont très crédibles et Myriam Boyer est juste et émouvante.

   
 
VALEURS ACTUELLES

Par Jacques Nerson

Sur scène. Une confrontation entre une femme professeur et quatre élèves prêts à tout pour réussir interprétée par des acteurs ultra-talentueux.


Créée en 1981, du vivant de Brejnev, la comédie, écrite dans l’esprit satirique de Vampilov, fut aussitôt frappée d’interdit. Même chancelante, l’URSS ne pouvait tolérer une image aussi négative de sa jeunesse. Ce n’est qu’en 1987, avec la glasnost de Gorbatchev, que Chère Elena fut de nouveau représentée. Quatre étudiants se pointent chez leur prof de maths, chargés de cadeaux d’anniversaire. La vérité ne tarde pas apparaître : ils demandent à Elena de gonfler leurs notes afin d’être reçus à l’université. Et ne reculeront devant rien pour l’y contraindre. Myriam Boyer incarne avec l’humanité qu’on lui connaît l’enseignante séquestrée. À ses côtés, quatre jeunes acteurs ultratalentueux : Jeanne Ruff, Gauthier Battoue, François Deblock et Julien Crampon. Le cynisme étant — comme les prolétaires — « de tous les pays », le spectacle, très habilement monté par Didier Long, frappe de plein fouet.



ATLANTICO

"Chère Eléna" : du très bon théâtre, à l'estomac

C’est très bon, et on n'en sort pas indemne. L’émotion est grande et on met vraiment un certain temps à s’en remettre.

Le thème
L’histoire se passe en Estonie, en 1981, dans un climat de crise économique, politique et morale. Quatre jeunes gens, presque parfaits, trois garçons et une fille, sonnent à la porte de leur professeur, Elena, ébahie et extrêmement émue, car ils viennent lui souhaiter son anniversaire, avec champagne et verres en cristal ! On s’aperçoit assez vite que le but de cette visite est tout autre… Ils viennent, en fait, la forcer par tous moyens à leur remettre la clé du coffre qu’elle détient, où sont stockées les copies de leurs diplômes; afin de les corriger et de les y remettre sans que les examinateurs s’en aperçoivent; le but étant d’avoir d’excellents résultats, ce qui leur permettrait de gagner beaucoup d’argent…

Points forts
1/ Un texte excellent, déversant sans complaisance la diversité de l’âme humaine, de son "excédent" à sa bassesse absolue. Les grands sujets de la liberté, du bien et du mal sont largement et très intelligemment débattus, d'une manière résolument contemporaine, mais aussi éternelle...
2 / Didier Long a fait un travail formidable. Sa mise en scène est précise et vigoureuse. L’escalade de la violence fait frémir car on la sent inévitable et monstrueuse. Tous les personnages, dans la diversité de leur engagement dans cette action, du meneur au suiveur en passant par le lâche, l’effroi dans lequel ils vivent tous à leur manière cet engrenage insensé, la projection du film pendant une scène de violence, tout cela contribue à mettre le spectateur dans un état d’angoisse tout à fait réussi !
3/ Les comédiens, dont certains montent sur scène pour la 1ère fois, sont épatants, extrêmement "habités", dans des emplois difficiles, avec des numéros d’acteurs impressionnants. Et comment ne pas être touché par Myriam Boyer, dans ce personnage idéaliste, pur, bon; sa douceur, son intelligence de la situation : elle cherche à comprendre, à force de discuter avec ces jeunes, comment l’enseignement qu’elle leur a prodigué, avec les valeurs qu’elle a cru leur avoir inculquées, les a menés là… Elle est remarquable de vérité.


Points faibles
Ames sensibles, s’abstenir! Il y a dans ce spectacle une vraie violence verbale, physique et mentale, parfois à la limite du supportable.

En deux mots
C’est très bon, et on n'en sort pas indemne. L’émotion est grande et on met vraiment un certain temps à s’en remettre.

 
Le Figaro Magazine

19 septembre 2014

Théâtre

RETOUR EN URSS
*** Chère Elena

Tous ceux qui ne connaissent pas cette pièce magnifique de Ludmilla Razoumovskaia doivent courir au Théâtre de Poche à Paris. Elle est d'une puissance, d'une actualité, d'une ambiguïté et d'une subtilité stupéfiantes. Quatre jeunes étudiants, le lendemain d'un examen raté, viennent fêter généreusement l'anniversaire de leur professeur (superbe Myriam Boyer) avec l'idée d'obtenir en échange la clé d'une pièce où leurs devoirs sont enfermés.
Objectif : y pénétrer pour corriger certaines petites erreurs dans leur copie.
Nous sommes dans l'URSS communiste où tout s'achète...
Sauf que la professeur en question n'a rien abdiqué d'une certaine morale chrétienne et que les choses vont devenir très compliquées. On connaît le talent de Didier Long et son spectacle tient en haleine jusqu'au bout, même s'il se censure un peu et laisse apparaître quelques coquetteries de mise en scène, ôtant un peu de la violence à la pièce. Elle n'en est pas moins extraordinaire.

Jean-Luc Jeener

 
LE MONDE.FR
 

Ils sont horribles et vindicatifs, ils devisent comme des philosophes, ils sont flambant neuf parce qu’ils sont jeunes et voient en la Chère Elena, leur professeur, vieille fille, une proie délectable.
Véritable huis clos que cette pièce de Ludmilla RAZOUMOVSKAIA qui fut interdite en 1983 en URSS, parce qu’elle offrait un tableau sans concession de la société, en faisant entrer le loup dans la bergerie, représenté par des jeunes sans foi ni loi, prêts à renverser un pouvoir devenu obsolète et rigide, incapable de se remettre en cause.
Nous assistons véritablement à la torture psychologique d’un professeur de la part de ses élèves qui prennent un plaisir sadique à l’attaquer sur ce qu’elle a de plus précieux au monde, sa vertu, son intégrité morale. Ses élèves appellent cette forme de naïveté, le complexe d’Antigone.
Reste que la figure d’Elena en impose, non par son arrogance, ni même par sa rigidité, mais par son humanité. Elena parait touchée dans son coeur de femme, dans ses entrailles de femme car ses élèves qui se transforment en monstres, elle les a vus grandir, ce sont en quelque sorte ses petits.
Quant aux jeunes qui se comportent en délinquants, leur aplomb se transforme en pétard mouillé, de sorte que la situation dégénère laissant pour morte la belle Elena, oui, belle, et les jeunes désemparés, pour ainsi dire paumés. La mise en scène maintient cette cadence infernale d’une lutte à mort pour un idéal de vie spirituel chez Elena, matériel chez les jeunes.
Au premier degré car au-delà de la caricature, c’est une histoire de désenchantement qui s’exprime, tissant des liens entre les élèves et leur professeur.
Une pièce psychodrame - qui doit demander beaucoup d’énergie psychique à ses interprètes et au metteur scène - qui réussit à être drôle, avec ce paramètre de suspense propre au thriller.
L’alchimie entre Myriam BOYER si humaine et ses jeunes partenaires, c’est une grâce d’émotion théâtrale, unique, à ne pas manquer.

Evelyne Trân
 
 
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