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« NOVECENTO », CROISIERE EN PREMIÈRE CLASSE

« Nous, on jouait de la musique, lui, c’était autre chose. Il jouait... quelque chose qui n'existait pas avant que lui ne se mette à jouer, OK ? » Lui, c'est Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Abandonné sur l'eau comme Moïse, trouvé par un mann dans la salle de bal de première du paquebot Virginie »! en 19OO, d'où son nom. Il n'en descendra plus jusqu'à sa destruction. Silencieux, aussi résistant que Bartleby, il devient le génie du lieu et du clavier. Il faut monter à bord, comme Jelly Roll Norton, pour l'éprouver. Son histoire est racontée par un ami trompettiste, qui a joué six ans dans l'orchestre du bateau. Devant une coque de carton-pâte à la Fellini, André Dussollier interprète cet ami avec une chaleur et un enthousiasme virtuoses. Dans sa voix, un peu trop métallisée par le micro, toutes les nuances vivent : l'amitié, l'admiration, la modestie, la mélancolie, la joie, la solitude, la recherche éperdue de la perfection en art. Les meilleurs livres de Baricco, celui-ci, écrit en 1994 pour le théâtre, ou Mr Gwyn, publié au printemps chez Gallimard, explorent ce que signifie être un artiste, plutôt un musicien, et mettent sous contrainte la recherche de l'absolu. Sa réflexion prend la forme d'un conte. Les musiciens qui accompagnent Dussollier, tous excellents, n'illustrent pas le génie de Novecento, puisqu'il est introuvable; en nous faisant respirer, ils nous aident à l'imaginer.

Ph.L




LE FIGARO ET VOUS

André Dussollier, danse avec « Novecento »
THÉÂTRE Le comédien met en scène et interprète avec des musiciens le texte de Baricco.


Il en rêvait depuis qu'il avait lu le bouleversant texte de l'écrivain italien Alessandro Baricco, Novecento. Un récit écrit pour le théâtre et qui a connu plusieurs incarnations en France.
André Dussollier en renouvelle la conception. Pas de confidence individuelle, mais un spectacle dans lequel les musiciens sont de véritables partenaires, un spectacle soigné avec des décors, images, lumières (Pierre-François Limbosch) qui font revivre le paquebot transatlantique sur lequel se déroule toute l'action. Ce qui touche, dans Novecento, c'est l'histoire elle-même. Celle d'un bébé né en 1900 sur un paquebot en partance pour l'Amérique et abandonné sur le piano. Un petit garçon qui grandit dans le bateau, devient un pianiste d'exception et ne quittera jamais le navire... Une belle histoire, unique et déchirante, racontée par un témoin, trompettiste, ami de l'ombrageux virtuose.
André Dussollier nous offre un grand moment de théâtre qui s'adresse a tous.
Beau et fraternel
Ce narrateur, incarné par André Dussollier avec une virtuosité étourdissante et un sens musical des nuances, n'interrompt le conte que pour nous permettre d'écouter les choix de Christophe Cravero, avec Sylvain Gontard, trompette, Michel Bocchi, batterie et percussions, Olivier Andrés, contrebasse. Et bien sûr, le pianiste, celui en qui on projette le «personnage» de Novecento, Elio Di Tanna. Sa silhouette frêle et son doigté font que, obscurément, on peut croire qu'il est Novecento. Et cela ajoute à l'émotion que suscite ce moment beau et fraternel de théâtre.

On est heureux de retrouver André Dussollier sur une scène. Il est un très grand interprète, fin, profond, un anxieux pour qui rien n'est jamais acquis et qui donne beaucoup au public. Il a adapté le texte traduit par Françoise Brun avec Gérald Sibleyras, sous le regard de Stéphane De Groodt. Il dit le texte, le fait vivre, il dialogue avec l'orchestre, il bouge, il court, il s'envole, il danse ! L'énergie l'étrange destin de Novecento.
Un grand moment de théâtre sans superbe, un grand théâtre qui s'adresse à tous. On est embarqué sur le Virginia)!.' On ne veut plus descendre à quai et l'on peut prédire à André Dussollier des anne?es de traversée avec son précieux bagage de poésie et d'intelligence

Armelle Héliot


   
 
LA CROIX
 
André Dussollier embarque avec « Novecento »

En scène avec des musiciens, le comédien interprète avec talent le magnifique conte d'Alessandro Baricco.

On l'avait trouvé dans une boîte en carton posée sur le piano de la salle de bal. Des migrants, partant vers l'Amérique, avaient peut-être laissé là leur bébé avec l'espoir que des riches l'adopteraient et lui feraient la vie heureuse qu'ils n'étaient pas assurés de trouver dans le Nouveau Monde. Sur le carton était inscrit « T.D. Limoni ». Danny Bood-mann, un géant noir de Philadelphie, lut dans ces initiales « Thanks Danny » et interpréta l'arrivée de l'enfant comme un cadeau divin. Auto-consacré père de ce bébé abandonné, il le baptisa avec pompe Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Avec pareil nom, comment ne pas avoir un destin hors du commun ? Ce fut bien le sort de Novecento, le plus grand pianiste au monde qui ne quitta jamais le bateau sur lequel il était né.
Parmi les joyaux de l'écrivain et musicologue Alessandro Baricco, Novecento : pianiste a toute sa place. Ecrite en 1994 pour la scène, cette fable poétique se distingue de ses romans par sa forme, mais les rejoint par la jubilation des mots, l'humour et un désespoir souriant face à l'impossibilité d'échapper à son destin. Dés la parution de ce texte, André Dussollier rêvait de l'interpréter et de le mettre en scène. Une envie liée à la vitalité de la narration, à la puissance de l'histoire et un goût du monologue qui incita plus tard le comédien à jouer seul Monstres sacrés, sacrés monstres et Les Athlètes dans leur tête...

La jubilation des mots, l'humour et un désespoir souriant face à l'impossibilité d'échapper à son destin.

A son élégance naturelle, André Dussollier ajoute une gouaille énergique pour dépeindre l'univers du paquebot, des premières classes aux troisièmes. Si les mots de Baricco suffisaient à décrire ce monde contraste, la mise en scène d'André Dussollier et de Pierre-François Limbosch, avec des effets simples, donne avoir le flanc immense du paquebot, le pont, la salle des machines... Aux côtés du comédien, un orchestre auquel appartient le personnage Novecento, pianiste virtuose, entonne aussi bien Bach que des morceaux endiablés de ragtime.
Autodidacte, l'enfant, élevé par tout l'équipage, a appris la musique seul; non formaté par les codes, il s'est formé avec une liberté folle, au classique et au jazz des riches passagers et aux mélodies populaires des migrants.
C'est Tim Tooney, le trompettiste embauche à 17 ans en janvier 1927 sur le Virginian, qui narre l'histoire de Novecento. Il égrène les épisodes de l'existence de ce pianiste d'exception, provoqué en duel de notes par un musicien new-yorkais jaloux de sa notoriété et narquois face à son incapacité à passer la passerelle pour poser le pied sur la terre ferme.
Au piano, Elio Di Tanna, avec sa silhouette gracile et son talent, donne vie et mélodies à Novecento, tandis qu'André Dussollier devient tour à tour trompettiste, capitaine ou passager qui le premier voit l'Amérique. Le spectateur est tant et si bien embarqué sur le navire que c'est avec regret et non sans mélancolie qu'il en descend.

CORINNE RENOU-NATIVEL
 
     
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